Les choristes

Une chorale, comment ça marche ?

Plusieurs personnes s’unissent pour interpréter un chant, voire une partition musicale. Le plus simple, à l’unisson. Tous chantent les mêmes sons, la même mélodie. Toutefois, on comprend aisément qu’une unité musicale parfaite ne s’obtient qu’en sélectionnant les timbres de voix : voix d’enfants, voix de dames, voix d’hommes. Et encore, chez les adultes il existe de grosses différences.

Les jeunes dames chantent généralement aigu. Avec l’âge, la voix s’aggrave. Chez les hommes certains chantent haut, d’autres non. Reste qu’un bel unisson peut devenir un ravissement. Mais nous, les humains, recherchons toujours un plus. Et le génie vient combler cette soif de perfection. Quelques artistes ont élaboré – et depuis fort longtemps – la musique polyphonique, le mélange simultané et harmonieux des sons de différentes hauteurs. Exemple, un orchestre : plusieurs types d’instruments au timbre spécifique : violon, trompette, cymbale, flûte… qui interprètent ensemble différentes lignes musicales.

Pareillement, la chorale a le même potentiel. Comme déjà dit, la voix humaine a ses particularités. En regroupant les timbres semblables on obtient quatre groupes appelés pupitres : Soprano, représenté par les voix féminines aiguës ; Alto, voix féminines graves ; Ténor, hommes qui chantent haut et Basse, avec les voix les plus profondes. Des subdivisions peuvent exister. Ainsi, chacun chante aisément dans son registre naturel.

La soprano va pouvoir jouer la divine Callas, le ténor se prendre pour Pavarotti, l’alto imiter Marian Anderson alors que la basse aimerait rivaliser avec Chaliapine.

Tout est bien ainsi… sauf que, ce n’est pas plus facile pour autant. Habituellement les sopranos sont privilégiées. On leur offre la mélodie sur un plateau doré. Presque toujours on leur réserve ce qui représente réellement le chant. Première injustice que les autres doivent supporter. Les altos sont nettement moins gâtées. Elles accompagnent ! Utile et noble tâche, mais souvent ingrate, difficile, et pas forcément mélodieuse. En soi, leur ligne musicale n’inspire guère et en plus il faut ajuster la note. Pas facile pour les têtes blanchissantes. Au milieu, les ténors sont fiers d’eux-mêmes, s’éclatent, estourbissent leurs voisines de leurs cocoricos, se trompent allègrement sans froncer le sourcil et rajustent leur nœud papillon. Restent les basses. Quelle épreuve. On voudrait vous y voir à patouiller dans le grave…, surtout que s’ajoutent les paroles !

Objectivement, c’est peut-être plus délicat pour l’oreille de se repérer dans les basses fréquences ; pourtant, leur partie est souvent belle. Et quel bonheur d’écouter un chœur de basses. Comme on le voit, la participation à une chorale est remplie d’exigences.

Les répétitions, avec les déchiffrages et les rabachages. Supporter le Chef qui forcément repère le mauvais départ de qui vous savez, la note mal ajustée de celles-ci, l’envol intempestif de ceux-là, la respiration inopportune, le manque de nuances et tutti quanti… Et ne parlons pas de celui qui, séduit par le dernier concert, se met en tête de s’immiscer parmi les artistes. Ingérer tout un programme… quelle galère. « Que diantre… » Seulement, c’est le prix à payer pour accéder au grand bonheur, de simplement, chanter. Inutile de préciser l’intensité de la joie ressentie à l’occasion d’un concert ! À bientôt ! Oui, à très bientôt.

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